Type Rider : un jeu de caractère

Dans ce billet, j’aimerais vous parler de Type Rider, un jeu original sur un thème original. J’y vois un pendant ludique aux très sérieuses Règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale, fidèles compagnes du traducteur consciencieux. Conçu sous les auspices d’illustres parrains et marraines (dont Arte, décidément toujours en pointe en matière de nouveautés culturelles), ce « petit » jeu a tout d’un grand, pour paraphraser une publicité d’antan.
Le sujet a pourtant de quoi donner des sueurs froides à plus d’un concepteur : il s’agit de retracer toute l’histoire de la typographie, avant même l’invention de l’écriture (!), jusqu’aux polices pixelisées de l’âge numérique.* Malgré ce cahier des charges peu habituel, ce titre est une réussite. C’est même un beau spécimen de serious game : outre sa jouabilité aux petits oignons, il regorge d’occasions d’apprendre en s’amusant. Bien sûr, certains gamers grincheux trouveront sans doute la mécanique de jeu un peu basique, avec la seule utilisation des touches fléchées pour se diriger et de la barre d’espace pour sauter. Pour ma part, je trouve la fluidité des commandes et des mouvements bien étudiée (on peut même s’amuser à faire des wall jumps). Quant aux recherches historiques, elles sont extrêmement pointues – voire encyclopédiques – tout en restant présentées de manière attractive, dans de petits textes bien rédigés, illustrés de documents d’époque.

Dans cet écran, on descend entre deux magnifiques colonnes de texte gothique.
Dans cet écran, on descend entre deux colonnes de texte gothique interactif.

La conception des niveaux est extrêmement variée, puisqu’ils nous emmènent des peintures pariétales à l’avènement du pixel, en passant par l’écriture cunéiforme ou l’invention des divers alphabets, de l’imprimerie et de la machine à écrire, pour ne citer que quelques moments forts. Chacun contient des éléments de jouabilité propres à leur époque ; ainsi, ces hautbois qui vous propulsent dans les airs au Grand Siècle, ou l’inévitable dynamite dans le niveau du far-west de la machine à écrire et du télégraphe.

À l’origine, je pensais faire un seul article sur ce jeu, mais je crois que ces quelques lignes ne seront qu’une introduction à d’autres billets, tant il y a matière à découverte. En effet, au cours de ce voyage dans le temps, on côtoie pêle-mêle humanistes, moines copistes, ingénieurs, encyclopédistes, et j’en passe. Si j’ai su éveiller votre curiosité, il en existe une version gratuite. En attendant, je vais clore cette séquence par un signe de ponctuation très pratique : à suivre…

*Précision utile : je n’ai pas encore terminé le jeu, mais je bouillais d’envie de partager mes pérégrinations numériques.

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